Arrêts maladie longs : l'indemnisation limitée à un an à partir du 15 octobre 2026
Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, publié au Journal officiel du 18 septembre, ramène de trois ans à un an la durée maximale d'indemnisation des arrêts liés à une affection de longue durée non prise en charge à 100 %. La mesure s'applique à partir du 15 octobre 2026. Le même décret permet de sanctionner l'obtention d'un arrêt de travail non justifié.
Ce que change le décret
Un salarié en arrêt maladie perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale. Pour la plupart des arrêts, leur versement est limité dans le temps. Les affections de longue durée (ALD) bénéficient d'une durée dérogatoire, qui était jusqu'ici de trois ans.
Le décret distingue désormais deux situations :
- ALD prise en charge à 100 % (dite « exonérante ») : la durée maximale reste de trois ans ;
- ALD non prise en charge à 100 % (dite « non exonérante ») : la durée maximale passe à un an.
Dans les deux cas, une nouvelle période d'indemnisation ne peut s'ouvrir qu'après un an de reprise du travail.
À partir de quand
Les nouvelles règles s'appliquent :
- aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 octobre 2026 ;
- aux arrêts en cours au 15 octobre 2026 pour une incapacité atteignant six mois à compter de cette date.
Une exception est prévue : l'assuré qui, au 15 octobre 2026, bénéficie déjà de la procédure applicable aux affections de longue durée non exonérantes conserve l'ancienne règle, jusqu'au terme de ses trois ans.
La sanction des arrêts non justifiés
Le décret complète aussi la liste des faits que l'Assurance maladie peut pénaliser. Y figure désormais le fait, pour un assuré, d'obtenir la prescription d'un arrêt de travail non justifié. Cette disposition est entrée en vigueur le lendemain de la publication, soit le 19 septembre 2026.
Ce que ça change pour l'employeur
Le décret porte sur les indemnités versées par la Sécurité sociale. Il ne modifie pas les règles du maintien de salaire prévues par le code du travail.
Le maintien de salaire légal s'arrête d'ailleurs bien avant un an. Il dure trente jours à 90 % de la rémunération brute, puis trente jours aux deux tiers. Ces deux durées augmentent de dix jours par période entière de cinq ans d'ancienneté au-delà de la première année, sans dépasser quatre-vingt-dix jours chacune (articles D.1226-1 et D.1226-2 du code du travail). Une convention collective peut prévoir mieux.
Le point à surveiller est la prévoyance. Les garanties qui complètent les indemnités journalières sont souvent calculées à partir d'elles. Il est utile de vérifier comment le contrat traite leur arrêt au bout d'un an.
Tant que l'employeur verse un complément de salaire, il peut faire contrôler l'arrêt par un médecin de son choix. MandaPro le met en relation avec un médecin contrôleur indépendant, partout en France.
Sources
- Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail et à la sanction des abus — Légifrance
- Indemnisation en cas d'arrêt maladie : ce qui change au 15 octobre 2026 — Code du travail numérique
- Article D.1226-1 du code du travail — Code du travail numérique
- Article D.1226-2 du code du travail — Code du travail numérique
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles applicables dépendent de votre convention collective et de votre situation : pour une décision individuelle, rapprochez-vous d'un conseil qualifié.